Etienne de Crécy est un DJ et compositeur de musique électronique particulièrement reconnu pour avoir été l’un des fondateurs de la « French touch » (courant musical).
Si chacun est libre d’apprécier ou non les talents musicaux d’Etienne de Crécy ce billet ne parlera pas de sa musique à proprement parler, mais de la scénographie de ses concerts.
Voici un extrait d’une interview réalisée par Simon Murin et Rémy Pellissier pour Evene.fr dans laquelle Etienne de Crecy parle lui-même de cette fameuse structure scénographique.
Pourriez-vous nous décrire un petit peu ce nouveau concept scénique, la structure de scène ?
J’ai travaillé avec des architectes qui ont un collectif qui s’appelle Exyst. Ils ont imaginé et conçu ce projet. Ils ont pensé à une structure composée de deux rangées de 9 cubes empilés les uns sur les autres, soit 6 mètres de large, 6 de haut et 4 de profondeur. C’est un peu un Rubik’s Cube géant. Tous ces cubes sont faits en structure d’échafaudage avec des écrans transparents tendus dessus. Ils ont modélisé ce cube dans leur ordinateur pour préparer et tester les projections. Il y a des effets de perspective, c’est très réussi.
Ce projet est-il né d’une envie, d’un besoin, d’une rencontre ?
En fait, après le concert de Versailles, les Transmusicales m’ont demandé de faire un live. Par l’intermédiaire de Manu Baron, qui était programmateur de l’Aéronef, j’ai rencontré ces architectes, qu’il connaissait. Et ils ont tout fait.
Comme vous le souhaitiez ?
Quand j’ai vu leur truc, j’ai trouvé ça super. Par contre tout est sorti de leur imagination. J’avais juste donné un cahier des charges. Je voulais quelque chose d’assez simple, une imagerie assez “computer”. Je ne voulais pas de VJing (pratique du Vidéo Jockey, équivalent pour les images du DJ, ndlr) trop compliqué. Et ils ont imaginé cette structure-là qui m’a tout de suite emballé, à base de figures géométriques.
Y aura-t-il un VJ qui mixera ces images en live ou tout est-il enregistré ?
En fait, ce sont eux qui s’occupent de gérer ça. Ils gèrent aussi les informations que je leur envoie par le biais de ma boîte à rythmes centrale, une MPC, qui leur envoie des signaux midi. Il y a donc une partie synchronisée avec ma musique et une partie live.
Est-ce que votre set est quelque chose de vraiment fixé, ou est-ce quelque chose d’aléatoire, qui évolue selon le public et vos envies ?
Ce n’est pas aléatoire, mais j’ai des grands degrés de liberté. Toute la musique est programmée, c’est-à-dire que je ne joue aucune mélodie. Par contre, les structures sont faites en fonction de la réaction des gens. Je peux faire durer les séquences 8 ou 16 mesures, voire 32 si je vois que l’ambiance monte. L’image est dépendante de ça. Si, sur une séquence, j’ai envie de rester plus longtemps, la séquence visuelle va suivre. Mais comme je fais beaucoup de choses en même temps, une grande partie n’est pas programmée, du coup je peux me tromper, ce qui m’arrive assez souvent. D’une date à l’autre le live n’est donc jamais pareil.
Pour avoir assisté à l’un de ces concert, le travail réalisé dans cette installation est tout simplement exceptionnel. Les structures 3D vidéo-projetées se déplacent, vibrent, fusionnent, roulent, se distordent, s’éclatent ou se recomposent pour donner vie à un espace complètement intemporel et laissant libre champ à un délire psychédélique. L’ensemble est donc contrôlé par les actions du DJ sur la boite à rythme.
Chaque sens apporte sa dose de perception et dispose de ses caractéristiques propres, donnant ainsi vie à des notions de plaisir ou de désagrément, mêlant le ressenti pur (mécanique) à une interprétation plus subjective liée bien souvent à la mémoire. Lorsqu’une installation fait appel à deux sens simultanément, il en ressort très naturellement une immersion beaucoup plus forte qui tant à désancrer de la réalité la personne stimulée.
C’est exactement ce qui se passe dans ces concerts : tous ces mouvements surréalistes de cubes, de structures, jouant avec le rythme et les « montées » de la musique viennent nous porter et donne à la musique une impression de « tangible » que l’on peut imaginer retranscrire dans le jeu vidéo.
Concluons sur une vidéo illustrant cette scénographie. (Vidéo tirée du mySpace d’Etienne de Crecy)
Etienne De Crecy Live 2007 Transmusicales de Rennes from Clement bournat on Vimeo.
On retient :
- La notion de musique « tangible » / Notion abordée chez les sourds pour ressentir la musique
- http://www.inclusie.be/fr/m/c1/89/voorzieningen/
- La force du mélange des sens
- L’espace intemporel
- L’extraction à la réalité
Tags : Etienne de Crecy, installation, musique


Bonjour!
J’aimerai savoir comment s’appelle le live électronique d’Etienne de Crécy ?
Merci !
Je n’en ai malheureusement pas la moindre idée désolé !
Celui là ?
http://www.epilog.fr/2009/03/16/live-on-neptune/